07/04/2005

quitter le paradis...

C'etait juste une plaine de jeux pour enfants...
 
Le ciel était trop gris, trop bas, ses petits cailloux ronds étaient désertés de toute présence. Tobbogans, balancoires, aventures miniatures : de toutes ses couleurs, c'était un paradis en suspend...
 
Assis sur la balustrade était un ange aux ailes repliées. Il les avait camouflées sous un long manteau brun, mais elles étaient bien là, je le savais.
 
Je contemplais l'absence, le silence de cette fin d'apres-midi.
 
Je j'osais pas rentrer dans ce lieu saint. Ce n'était pas pour moi. Moi j'etais de l'autre côté, en enfer, et un ange était perché sur la limite, comme pour mieux la dessiner...
 
J'aurais voulu veiller des nuits entières.
Veiller comme protéger.
Ecouter vos souffles.
Regarder la nuit s'illuminer de ton ventre de lune.
Puis venir au monde.
Choisir un prénom enlumminé d'ailes.
Venir au monde.
 
Quelques gouttes de pluie ont tenté de laver l'instant.
Une pie s'est perchée sur un cerisier.
 
J'ai quitté la limite.
J'ai senti mes ailes craquer comme des genoux de vieux.
J'aurais voulu veiller.
Veiller comme protéger.
 
C'est con un homme.
 
 

21:45 Écrit par Benoit | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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